19 Octobre 2016  |  Panique
Publié dans Hotel Security Worldwide 01/1987

La panique dans les établissements hôteliers

Les situations de danger collectif exercent sur les imaginations une véritable fascination. En effet, les images de panique ont un pouvoir de séduction considérable sur les esprits. La plupart des auteurs sont heureusement d'accord pour affirmer que la panique est un phénomène rare et très localisé, mais ils divergent sur ses caractéristiques essentielles. Selon un grand spécialiste français dans ce domaine, la panique est un comportement (c'est-à-dire une réponse possible) à des signes extérieurs de danger.
Il discerne six types de panique:
  • une terreur irraisonnée avec ou sans motif externe;
  • une tendance auto-destructrice causée par une alarme extérieure;
  • la contagion de la peur dans un groupe: les manifestations de la peur d'autrui accroissant l'affolement de chaque personne;
  • la fuite du groupe devant un danger qu’il juge impossible à combattre;
  • la peur du danger qui fait exclure à un individu toute idée de sécurité pour les autres; - une situation dans laquelle pour fuir le danger, les individus se détruisent les uns les autres.

De ces six définitions, on peut retenir trois observations fondamentales:
  • la panique peut être individuelle;
  • la panique peut être collective;
  • la panique peut être le résultat de l'influence d'un individu sur une foule ou d'une foule sur un individu.

Les six définitions de la panique montrent qu'il s'agit d'un comportement qui augmente le danger.
Elle annihile les réactions conscientes et provoque, soit la fuite désordonnée pour se mettre à l'abri, soit le blocage des réactions naturelles de défense contre le danger. Dans un groupe de personnes, les pourcentages se répartissent de la façon suivante:
  • 18 % sont sujets à la panique, ils agissent seuls et essayent de sortir au plus vite;
  • 5 % ne sont pas sujets à la panique; avant d'agir, elles veulent en savoir plus et attendent l'avis des gens compétents :
  • 77 % sont dits mixtes: elles seront influencés par les réactions du groupe et seront prises de panique sauf si un leader se manifeste pour les encadrer dès les premières minutes.

En cas de feu, l’interprétation des signes perçus constitue le handicap psychologique générateur de panique. C'est la phase cruciale car elle conduit à l'évaluation de l’importance du sinistre, de la probabilité de ses effets, à la considération des actions possibles et des résultats obtenus par elles.
Les attitudes psychologiques de chaque individu conduisent à des interprétations différentes, il y a tout d'abord:
  • la négation du danger, entraînant une sous-estimation du danger jusqu'à ce qu'il devienne évident;
  • on assiste alors à un effondrement conduisant à une anxiété extrême qui se donne libre cours;
  • l’affectivité qui, maîtrisée, peut être une source de comportement adapté;
  • la pratique habituelle des conduites rationnelles et réalistes qui conduit à la vérification de l'interprétation perçue;
  • la sensibilisation à un danger qui entraîne l'acquisition de réponses spécifiques aux menaces.

Une fois les signes interprétés, les réponses qui y sont faites peuvent être adaptées à l’événement ou inadéquates. La lutte active contre le sinistre, la conduite de mise à l'abri sans précipitation sont des comportements constructifs donc adaptés. Les comportements inadéquats dus à l'ignorance ou à l'émotivité entraînent une aggravation du danger ou un danger d'une autre nature qui se surajoute au précédent. C'est le cas da la panique.
La réussite de l’attitude anti-panique d'un individu dépendra:
  • de la nature du sinistre, de son importance, de sa vitesse de propagation;
  • de perceptions sensorielles (chaleur, étouffement, aveuglement par la fumée...);
  • de l’environnement, défini par la qualité et le nombre de voies d'évacuation, de l’existence d'abri éventuel.

Le rôle essentiel de tout responsable est:
  • de prévenir la panique donc de diffuser, en cas d'alerte, des informations objectives, et pour que leur interprétation soit correcte;
  • d'encadrer le public;
  • de morceler le groupe pour éviter la contamination;
  • d'écarter les hyper émotifs;
  • de développer les contre-rumeurs;
  • de canaliser le public vers les voies d'évacuation disponibles.
Mais enrayer une panique? Il ne faut pas y croire.
Une telle éducation du groupe nécessite une formation du personnel de l'hôtel. C'est à lui que se confiera le groupe, c'est lui qui connaît son hôtel.
C'est donc lui qu'il faut former, éduquer pour qu'il conserve son sang-froid et qu'en toutes circonstances, il puisse dire « pas de panique ».

 

Extrait du «Bulletin de l’Organisation Internationale de Protection Civile»


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