19 Octobre 2016  |  Incendie
Publié dans Hotel Security Worldwide 03/1988

Le feu, question brûlante

La journée d'étude annuelle du comité du Conseil de I'ISO. (Organisation internationale de normalisation) pour la politique en matière de consommation (COPOLCO) intitulée «le feu, question brûlante. Améliorer la sécurité du public», qui s'est tenue en avril 1987 à Toronto (Canada), a examiné divers aspects des risques d’incendie a la lumière des acquis et des réalisations possibles dans ce domaine.

Les participants (plus d'une centaine de personnes déléguées de 17 pays et de quatre organisations internationales) constituaient une représentation équilibrée de professions directement concernées et des organismes de consommateurs, de normalisation et de réglementation.
Le président de la journée d'étude. M. F. Perreault (consultant en protection du feu - Canada), a souligné dans son introduction générale à quel point les mesures de protection contre le feu constituent un sujet vaste et compliqué: «Nous avons la responsabilité, et avec nous tous ceux qui s'occupent de normalisation, de lire soigneusement, d'étudier les orientations et les techniques modernes et de nous tenir très au courant et informés».


Fig. 1. Sans commentaire


Lieux à risques
M. W.D. MacKay (Commissaire d'incendie - Canada) a parlé des lieux à risques que sont notamment la maison, les moyens de transport et les lieux publics. En comparant les statistiques des incendies en Alberta, au Canada et aux Etats-Unis, et le nombre de morts, blessés et sinistrés qu'ils entraînent, il a analysé le chiffre total des incendies (plus de 240’000) et défini en détail les risques encourus dans chacune de ces trois régions.
En 1984, en Amérique du Nord, 75 % des incendies domestiques se sont déclarés dans des maisons individuelles ou jumelles. 21 % dans des appartements et 4% dans des mobil-homes. Concernant l'origine de ces incendies, la cuisine vient en tête puis la salle de séjour, les zones de distribution et enfin les zones nuit. L'analyse montre que 50% des incendies sont occasionnés par l'inflammation d'huile de cuisson, viennent ensuite les négligences humaines (distraction ou ignorance du risque) et les défaillances mécaniques ou électriques, Dans les salles de séjour, la négligence est à l'origine de 25% des incendies - les fumeurs comptent pour 19 %. Quant aux incendies de structures dus à des défauts de construction ou de conception du bâtiment, ils concernent principalement les plafonds, les toitures et les parois murales composites. Dans les chambres à coucher, les incendies sont surtout le fait d'enfants jouant avec des sources de flammes (27 %), de négligences humaines (25 %) et de fumeurs (17 %). Les statistiques des incendies d'appartements et de mobil-homes sont proches de celles des incendies de maison. Plus de 60 % des incendies dus aux systèmes de chauffage, dans tous les types d'habitation sont imputables à des défaillances mécaniques ou électriques ou à des défauts de fonctionnement.
La majorité des feux dans les moyens de transports (55 %) concernent les automobiles et 39 % les camions. Pour ces deux types de véhicules, les incendies se déclarent principalement dans le moteur (65 %), l'habitacle (10 %) et le réservoir de carburant (7 %). Les causes d'incendies de moteurs les plus courantes sont dues à des défaillances mécaniques, des fuites, des ruptures, ou des courts-circuits. Dans l'habitacle, les rumeurs sont le plus souvent à l'origine des incendies.
Pour les statistiques des incendies dans les lieux publics, les restaurants et les cafés viennent en tête avec 20 %, puis les écoles. Les garages et les magasins. Dans les restaurants, comme dans les habitations, l'huile de cuisson est la cause d'incendie la plus fréquente; dans les écoles il s'agit principalement d'actes de vandalisme, et dans les garages de combustion due à des accidents de soudure ou de manipulations impropres de liquides inflammables.


Fig. 2. Incendie d'un autocar sur une autoroute.
 
 
Lorsqu'un feu se déclare
La question de la détection du feu a été soulignée par Sir Kenneth Holland (ancien Inspecteur général du feu au Home Office - Royaume-Uni, actuellement Président du Conseil de la British Standards Institution pour les activités pluritechniques). Il a insisté sur le fait qu'en matière d'incendie l'individu est le plus grand responsable et que sa prise de conscience des risques est essentielle à l'établissement de mesures de sécurité. Il a également signalé l'introduction de dangers créés par l'homme (notamment sous la forme de nouveaux matériaux, sans la mise en place simultanée de mesures de prévention et de protection). Tel est le prix du progrès dans les pays développés a-t-il déclaré en soulignant l'importance des systèmes d'alarmes préalables, de sirènes et de moyens d'évacuation protégés, notamment dans les grands ensembles. Il a déploré l'absence de législation efficace, à de rares exceptions près, au niveau de la maison.
M. E. Willey (vice-président adjoint du service recherche et information sur le feu de la National Fire Protection Association. NFPA - USA), a développé à son tour le problème et l'état d'avancement des travaux aux Etats-Unis où la majorité des incendies accidentels survient à la maison.
M. T. Dugelay (président du Collège national des architectes et bâtisseurs - France) a insisté sur le rôle fondamental que l architecte doit jouer en mobilisant l'attention générale sur les moyens de combattre et de prévenir les feux: «Concevoir un bâtiment, c'est faire la synthèse de diverses hypothèses subjectives et objectives, conduisant à organiser l’espace pour une utilisation particulière, habitation, bureau, industrie, etc.».
Ces réglementations sont souvent mal acceptées du fait de leur coût non compatible avec le souci de rentabilité de l'investissement représenté par la construction. Il est donc nécessaire d'informer mieux les utilisateurs des risques qu'ils encourent par le feu.
C'est l'architecte, qui, avec le promoteur, doit concevoir la répartition physique du bâtiment par rapport aux risques représentés, définir les zones interdites aux fumeurs, concevoir des plans de dégagement simples pour faciliter l'évacuation des personnes, etc., de promouvoir tous les moyens de lutte contre le feu (extincteurs, sprinkler, etc.).
La prévention du feu est liée à un deuxième facteur: le comportement au feu des matériaux. Le comportement au feu des biens de consommation diffère suivant le groupe de produits.

Education du consommateur
Le but de l'éducation est d'inculquer un nouveau comportement pour prévenir les incendies, en montrant comment choisir et utiliser les détecteurs de fumée, par exemple. Par l'éducation on peut aussi apprendre comment survivre dans la chaleur et la fumée et s'en échapper. Les efforts doivent être permanents, concrets et positifs.
Pour Mme E. Sewell (chef du Ministère de la consommation - Nouvelle-Zélande), l'éducation du consommateur dans le domaine de la sécurité incendie requiert un engagement véritable de la part des organisations gouvernementales et des consommateurs eux-mêmes.


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