19 Octobre 2016  |  Incendie
Publié dans Hotel Security Worldwide 05/1989

Immolez-vous par le feu dans les hôtels de vacances

Nancy Cockerell

Qui doit être tenu pour responsable lorsqu’un hôtel est proposé par un tour operator lors d'un voyage organisé et que les mesures de sécurité et de protection ne sont pas respectées? Le tour operator peut-il être tenu pour responsable de ne pas avoir vérifié si les normes de sécurité et de protection étaient respectées avant da proposer l’hôtel aux clients? Et l'agence qui a vendu l'arrangement, partage-t-elle une partie des responsabilités?

Selon un rapport publié au début de cette année par une association britannique de consommateurs dans la revue Holiday Which?, de nombreux hôtels en Espagne et en Grèce bafouent les règles de sécurité/es plus élémentaires et sont de véritables pièges. Dans la moitié des hôtels inspectés, les mesures de sécurité sont tellement précaires, dit le rapport, qu'en cas d'incendie de nombreux clients n’échapperaient certainement pas à la mort.
L’enquête de l’Association de consommateurs menée en été 1988, qui est à la base du rapport paru dans Holiday Which?, se concentre sur 33 hôtels (11 dans chaque pays) régulièrement fréquentés par les clients des tour operators britanniques et situés à Amsterdam, Athènes et Benidorm. Les mêmes hôtels dans les mêmes villes ont fait l’objet d'une enquête similaire il y a 10 ans. A cette occasion, il fut découvert que la plupart des hôtels manquaient des mesures de sécurité les plus rudimentaires et que les hôteliers eux-mêmes ignoraient/es mesures de sécurité incendie, ou s'en désintéressaient.
 

Situation toujours aussi alarmante
Selon l'inspecteur du feu de l’association de consommateurs, la nouvelle inspection de l’été dernier est aussi alarmante que la première. Aucun des hôtels d'Athènes n'a pu être classé dans la catégorie «bon», ni dans la catégorie «moyen». Six d'entre eux ont été classés dans la catégorie «mauvais». A Benidorm, la situation s'est avérée légèrement meilleure, avec un hôtel, le Dalmatas Sol, classé dans la catégorie «bon», mais cinq hôtels sont encore considérés «mauvais» du point de vue de la sécurité.
Amsterdam s'en tire mieux que les deux autres destinations. Selon Holiday Which?, «en dix ans les standards ont été considérablement améliorés». Néanmoins, il n'y a toujours qu'un hôtel, le Krasnapolsky, qui obtient l'évaluation maximale «bon» - ce qui veut dire qu'en cas d'incendie, les clients trouveraient un chemin pour se mettre en sécurité. Tous les autres hôtels ont été classés «moyen», ce qui indique qu'un minimum de protection est assuré.

Efforts aux Pays-Bas
Pour donner une idée des différences constatées entre les hôtels choisis dans les trois villes, prenons l'exemple des escaliers. Aux Pays-Bas, tous les hôtels sont équipés d'escalier de secours, les chambres sont réparties dans des compartiments hermétiques au feu et aucun hôtel n'a de corridor sans issue. En Espagne et en Grèce, per contre, à l'exception de trois hôtels, les experts ont trouvé des escaliers non protégés - qui permettent à la fumée de se propager dans tout le bâtiment dans tous les établissement contrôlés. Cet état de fait contrevient aux règles de la sécurité et il n'est nullement tenu compte des enseignements tirés de catastrophes dans lesquelles il a été prouvé que la propagation de la fumée était la cause majeure des décès.
Dix hôtels à Athènes et huit à Benidorm ont encore des corridors de 30, et même 40 mètres, dans lesquels les clients pourraient facilement être piégés, soit perce qu'un seul escalier permet l'évacuation, soit parce que les escaliers sont mai situés. Les experts ont également estimé que trop peu d'hôtels ont des séparations entre les chambres et les espaces publics, susceptibles pourtant de diminuer les risques.

Recommandation européenne sans effets
Le magazine Holiday Which? constate que malgré la publication en 1986 par la Commission européenne d'une recommandation sur les normes à respecter en matière de sécurité hôtelière, certains pays comme la Grèce et l’Espagne n'ont fait aucun effort dans ce sens. Le problème, ajoute le magazine, est que la recommandation n'a pas force de loi et qu'en définitive ce n'est qu'une liste de mesures minimales que la Commission conseille aux pays membres d'adopter.
L'Association britannique des consommateurs est décidé à demander aux Communautés européennes d'élaborer une directive sur la protection incendie qui oblige les états membres à se conformer aux normes, mais qui leur laisse le choix sur la manière d'y parvenir.
Il est permis de se demander qui sera chargé de contrôler si les directives sont effectivement appliquées. Et qu'en serait-il dans les pays hors du Marché commun? Selon l'Association britannique des consommateurs, de multiples éléments conduisent à la conclusion qu'il faudrait changer la loi britannique et rendre les tours operators responsables à regard de leur clientèle des hôtels qu'ils choisissent.


Polymedia Meichtry SA | Chemin de la Caroline 26 | 1213 Petit-Lancy | Genève | T: +41 22 879 88 20 | F: +41 22 879 88 25 | info@polymedia.ch