19 Octobre 2016  |  Sécurité
Publié dans Hotel Security Worldwide 03/1988

Quarante-quatre ans au service de la sécurité

par Pascal Zähner

D'origine franco-suisse, Monsieur Jean Gilet a suivi les traces de son père, Ferdinand Gilet, qui travaille sa vie durant à l'Hôtel Scribe à Paris, en qualité de chef concierge et fonda en 1929 les Clefs d'Or: l'Union internationale des portiers des grands hôtels. Après avoir fait ses classes à Hôtel de la Paix à Lausanne, au Carlton à Cannes et au Plaza Athénée à Paris, Monsieur Jean Gilet est nommé, en 1955, chef concierge à l'Hôtel Meurice à Paris, dont il assumera la direction générale de 1976 à 1986 année de sa retraite. Aujourd'hui il partage ses activités entre la direction des relations extérieures de la chaîne hôtelière Inter-continental, la présidence de l'Association des Clefs d'Or, qui regroupe 4000 membres répartis dans 24 pays, et la présidence de l’institut international des concierges (ICI).

«Pendant 44 ans j'ai travaillé au service de la sécurité,» dit Monsieur Gilet, «que ce soit en tant que concierge ou comme directeur général, la sécurité a toujours fait partie de mes préoccupations majeures. De nos jours, le client veut être reconnu, humanisé et sécurisé et ce n'est qu'à ce prix que l'hôtelier arrivera à le fidéliser.» Selon Monsieur Gilet, de grands efforts ont été entrepris dans les années 70 en matière de sécurité. Lorsqu’une multitude de grands hôtels ont été construits. Or, s'il y a peu de chose à redire en ce qui concerne équipement «lourd» des grands hôtels récents, les anciens et les petits hôtels ne sont pas toujours suffisamment équipés pour assurer une sécurité acceptable.
«Lorsque j'étais directeur au Meurice,» dit Monsieur Gilet, «nous avons restauré les trois quarts de l’hôtel en tenant compte des normes de sécurité les plus strictes. Déjà à l'époque, trois fois par an, nous organisions des exercices pour former le personnel.»
Contrairement à ce que beaucoup d'hôteliers croient, la sécurité ne dérange pas la clientèle,» dit Monsieur Gilet, «elle la conforte. De plus en plus les clients vont dans des hôtels dans lesquels les normes sont bien établies. En outre, il faut démystifier l'idée que la sécurité coûte de l'argent, au contraire, je dirais qu'elle en rapporte.»

Obligation morale et légale
Il est important selon Monsieur Gilet, de réaffirmer l'obligation morale et légale d'une sécurité parfaite. De part la loi, la responsabilité de l’hôtelier ne cesse d'augmenter, or, à l’inverse, les clients sont de plus en plus insouciants. «La démocratisation du tourisme,» dit-il, «a contribué à augmenter les risques et aujourd'hui le loup est dans la bergerie. La mobilité accrue des gens a eu pour effet de doubler voir tripler les risques dans les trente dernières années.»
Parallèlement la tendance est à la diminution du personnel, ce qui contribue à accroître les risques. «Seule une adaptation technologique permet d'augmenter la sécurité,» dit Monsieur Gilet, «les serrures à carte, par exemple, ont permis de faire passer les vols d'une proportion de dix à un. En cas de feu, la technique ne permet pas d'éviter l'incident, mais pour le moins de limiter les dégâts et surtout d'éviter qu'il n'y ait mort d'homme.» Tel ne fut malheureusement pas le cas lors de l'incendie qui a ravagé, en février de cette année, l'Hôtel International de la chaîne Swissôtel, à Zurich. Si le feu se maîtrise relativement facilement, il n'en va pas de même des gaz toxiques.
Pour Monsieur Gilet, les problèmes de sécurité ne se limitent pas au feu et au vol, mais le terrorisme, l'hygiène alimentaire, la sécurité des employés sont des questions tout aussi importantes auxquelles il s'agit de trouver des réponses satisfaisantes. «Les hôteliers qui n'adoptent pas un réflexe professionnel en faveur de la sécurité,» conclut Monsieur Gilet, «seront tôt ou tard appelés à disparaître».


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