19 Octobre 2016  |  Sécurité
Publié dans Hotel Security Worldwide 03/1988

Quel est mon budget pour la sécurité?

par Pascal Zähner

Monsieur Peter Balas, président de l'Association Internationale de l'Hôtellerie (AIH) a, dès son plus jeune âge fait partie du milieu hôtelier. Enfant, il vécut au luxueux Edgewater Beach Hotel de Chicago et sa carrière se dessina à la suite d'études à l’Ecole hôtelière de Lausanne et aux universités de Columbia et de Cornell. De 1953 è 1955 il occupa diverses fonctions au Claridge, Londres; Plaza Athénée, Paris; Métropole, Lausanne. Puis, de 1955 à 1958, il travailla pour Hilton comme Food and Baverage manager, avant d'offrir ses services à Inter-continental, pour qui il oeuvre depuis 30 ans. Après avoir assumé la direction de divers hôtels de la chaîne américaine, il fut de 1974 è 1987 Président et Directeur Général d'Inter-continental pour l'Europa et le Moyen-Orient. Aujourd'hui, Monsieur Balas, outre sa fonction de présidant de l'AIH, est directeur général des hôtels Inter-continental, Londres Ltd., et a récemment été décoré de l'Ordre national du Mérita (France).

Au cours de sa longue carrière, la sécurité a toujours été au coeur des préoccupations de Monsieur Balas. Comment faire plus, comment faire mieux, comment éviter le feu, le vol, comment se protéger contre le terrorisme...? Selon Monsieur Balas, toutes ces questions se résument en une seule pour l'hôtelier: jusqu'à quel point suis-je prêt à m'investir et quel est mon budget pour la sécurité?
Du plus grand hôtel au plus petit, du plus luxueux au plus vétuste, tous les hôteliers ont, envers leurs clients et leurs employés, les mêmes responsabilités en matière de sécurité.
Or, pour de multiples raisons - coût, manque d'information, irresponsabilité - nombreux sont encore les hôteliers peu enclins à définir une stratégie de prévention et à équiper leurs hôtels en conséquence.
«Tout hôtelier,» dit Monsieur Balas, «doit se demander combien de temps et combien d'argent il est prêt à investir dans la sécurité. Personnellement, que ce soit en tant qu'ancien Président d'Inter-continental ou Président de l’AIH
je suis en permanence à la recherche de nouvelles solutions pour améliorer la sécurité. Dès cette année, l'AIH va faire un effort particulier pour mieux informer les hôteliers sur les mesures à prendre, que ce soit par l'intermédiaire des associations nationales, du magazine «Hotel Security Worldwide» ou des autorités régionales. Nous envisageons même de créer une commission chargée d'étudier de nouvelles solutions et de promouvoir la sécurité.» «La sécurité est un domaine très vaste et dans un premier temps,» dit Monsieur Balas, «il nous faudra définir ce que ce terme englobe. L'employé qui tombe d'une échelle, le client qui glisse sur un tapis, la bande masquée qui dévalise un hôtel ou l'incendie qui provoque mort d'homme, comme à Zurich, sont tous des accidents qui concernent la sécurité. Je dirai que le feu est le problème numéro un, celui que les hôteliers redoutent le plus. Rien que le mot les fait frémir. Il n'y a rien de plus dévastateur qui puisse arriver à un hôtel qu'un incendie et un des éléments les plus réjouissants à cet égard est la diminution du nombre de fumeurs.» «Il est indispensable que de leur propre initiative, les hôteliers fassent le maximum, même si la législation ne l'impose pas, pour se protéger contre les incendies,» dit Monsieur Balas qui ajoute, «vous ne pouvez jamais faire assez, mais les incendies d’hôtels, d’hôpitaux, de discothèques ont provoqué une prise de conscience parmi les responsables et je sens que nous allons dans la bonne direction. Il est envisageable qu'une législation internationale vienne réglementer la sécurité incendie dans les hôtels.» Au cours des quinze dernières années les hôteliers se sont vu confronter à de nouvelles formes de dangers telles que le terrorisme et la recrudescence du vol, aussi bien interne qu'externe. Or, si de nouvelles technologies permettent aujourd'hui de dissuader les voleurs, l’hôtelier ne dispose d'aucun moyen pour combattre le terrorisme, à l'exception peut-être de la formation du personnel.
Monsieur Balas a lui-même fait l'expérience d'un cas où une bombe a explosé dans un hôtel et la vigilance des employés a permis d'éviter une panique généralisée. «Les employés» dit Monsieur Balas, «doivent tous être informés sur ta sécurité et doivent savoir réagir en toute situation avec un maximum d'efficacité. Ils doivent, entre autres, être à même de reconnaître un client d'une personne étrangère à l’hôtel et signaler immédiatement tout bagage suspect au personnel de sécurité.»
«Alors qu'un effort important doit être entrepris en ce qui concerne la formation.» dit Monsieur Balas, «il est encourageant de constater que le matériel à disposition des hôteliers pour se protéger est de plus en plus efficace et que du point de vue architectural et de l'ingénierie, tous les nouveaux hôtels, qu'ils soient petits ou grands, sont conçus avec la sécurité comme une des priorités majeures.»


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